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Alètheia ( ἀλήθεια )

Poésie

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Alètheia

Prends la vie avec toi comme le chemin vers le Néant
Alors tu Comprendras la mort comme le Dévoilement
Car Naître auprès de l'Être amène la Disparition.

Errance


Nous errons sur cette terre
Pour mieux nous oublier

Les yeux fixés sur l’impossible
Pensable de nos dérives
Nous croyons regarder l’avenir
Alors que le passé nous invente

La tête encerclée
Agenouillé dans la boue
Nous prions l’estuaire
Devant la fuite des eaux

La marée ravine l’estran
Creusant toujours un peu plus
Les abords dérobés de la vie

Et l’oeil noir de la tombe
Engloutit nos ombres
Dans cette coulée d’oubli

Novembre 2021


Effacement


Le trouble des angoisses
En boîte
Fait trembler les mains
En berne

Les poignets des policiers
Sous le cuir
Déchirent la mémoire
Sous les mots

Les bras des malfaisants
Dans la mouise
Tordent les peurs
Dans le doute

Mais les têtes tremblent
En chœur
Avec ses menottes
En poste

L’alignement des fusils
En fond de cour
Dénonce les vanités
En arrière plan

Et les corps de cendre
Après le silence
Répandent le dégoût

Avant la dispersion

Novembre 2021


Sur le quai de la gare


L’un
L’autre
Parfois debout
Parfois indigné sous le vent
Rencontre le contour d’une belle âme
Qui se dérobe sous la rumeur

L’un
L’autre
Par hasard dressé
Par hasard planté sur le quai
Découvre la forme d’un serment
Qui s’impose dans les regards

L’un
L’autre
Tantôt maladroit
Tantôt en mal d’amour
Sourit aux désirs blessés
Qui s’accrochent aux lampadaires

Mais
L’un
L’autre
Trop timide
Trop écorché
Regarde la belle âme
Partir hanter leur cœur

Novembre 2021


Dissolution

Septembre 2021


Gisant


Avec ces corps dressés en rébellion
Les sociétés ajournent leur vindicte
Pour mieux nous enfermer

Lorsque nous aurons ravalé nos sourires
Nous chanterons au néant
Pour mieux nous vendre

Il ne restera rien de nos souffrances
Sous le soleil des riches
Au creux de nos rides

Il ne restera que des cris
Étouffés par le snobisme
Au creux des mots

Lorsque vous aurez lâché vos larmes
Nous marcherons vers l’abîme
Au fond des quartiers

Il ne restera rien des révoltes
Il ne restera rien de la violence
Lorsque vous aurez craché vos âmes

Nous pourrons contempler l’absence
Au fond du silence

Devant les miettes du mépris

Novembre 2021


L'enfant et la mer


C’est de la rencontre de la pierre
Avec la violence de la mer
Que naît l’âge des ravages

Ruisselant de tempêtes
L’enfant n’a pas assez de mots
Pour épeler ses peurs

Pourtant
Un jour elle l’emportera
Soyons-en certains

Réfugié dans l’alcôve du granite
Il lui faudra la patience du verbe
Pour initier l’attente

Provoquant les tourments
Il devra affronter la foudre
Pour instruire la réalité

Pourtant
Un jour elle l’emportera
Soyons-en certains

Et ce jour-là
Plus que n’importe quel autre jour
Il sera seul avec ses peurs

Et personne, personne
C’est bien normal
Ne sera là pour épeler son nom

Novembre 2021


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